En 2009, Un prophète de Jacques Audiard marquait durablement le cinéma français. Grand Prix du Jury au Festival de Cannes et récompensé par neuf César, le film racontait l’ascension de Malik El Djebena, jeune détenu découvrant les règles brutales du pouvoir derrière les murs d’une prison. Plus de quinze ans plus tard, cette histoire fondatrice renaît sous une nouvelle forme : une série ambitieuse de huit épisodes, diffusée sur CANAL+ depuis le 2 mars 2026. Plutôt qu’un remake, les créateurs Abdel Raouf Dafri et Nicolas Peufaillit ont choisi d’imaginer une relecture contemporaine de ce récit devenu culte. Leur projet : prolonger l’esprit du film tout en l’inscrivant dans une société traversée par de nouvelles fractures sociales, identitaires et politiques.
Le personnage de Malik, incarné par Mamadou Sidibé, en est le point d’entrée. Originaire de Mayotte, ce jeune homme arrive à Marseille sans attaches. Pris dans l’effondrement d’un immeuble dont il transportait la drogue pour le compte d’un réseau, il est arrêté puis incarcéré à la prison des Baumettes. À peine entré dans cet univers régi par la loi du plus fort, il comprend vite que la survie dépend des alliances que l’on parvient à nouer. Au cœur de ce système se trouve Massoud Djebbari, interprété par Sami Bouajila. Puissant promoteur immobilier d’origine algérienne, enrichi à la fois par ses réseaux politiques et par le trafic de drogue, il accepte d’endosser la responsabilité pénale de l’effondrement d’un de ses immeubles en échange d’un arrangement avec la mairie. Incarcéré aux Baumettes, il continue pourtant d’exercer son influence depuis la prison et prend Malik sous sa protection, à condition que celui-ci devienne son homme de confiance.
Autour d’eux gravitent de nombreuses figures, à l’intérieur comme à l’extérieur de la prison : détenus issus de différents clans, figures religieuses, responsables politiques ou chefs de réseaux dans les cités marseillaises. Tous participent à un jeu d’influence où les rapports de force se recomposent sans cesse. La forme sérielle permet précisément d’explorer cette complexité. Sur huit épisodes, le récit s’ouvre bien au-delà du cadre carcéral : il suit les rivalités entre trafiquants dans les quartiers, les luttes d’influence entre familles criminelles et les négociations entre pouvoirs politiques et économiques. À mesure que Malik gagne la confiance de Massoud, il devient un intermédiaire précieux entre la prison et la ville.
L’apprentissage de Malik devient alors celui d’un système entier : comprendre qui détient réellement l’influence, comment elle circule et à quel prix on peut s’en emparer. Car au fond, Un prophète reste une histoire d’apprentissage, celui de la violence, des loyautés et de l’identité. Dans un monde où chacun tente de définir sa place, Malik avance pas à pas, guidé par une intuition et une intelligence qui deviennent ses véritables armes. C’est aussi là que prend sens le titre de la série. Dans le film de Jacques Audiard, la dimension du « prophète » avait une part presque mystique : Malik était hanté par des visions qui accompagnaient sa métamorphose. Dans la série, le terme prend une résonance plus politique et sociale : Malik devient celui qui comprend avant les autres les mécanismes du pouvoir et les lignes de fracture d’une société contemporaine.
La série développe également une dimension plus intime. À l’extérieur, Malik se rapproche de la famille de l’imam Assoumi, figure respectée de la communauté comorienne. Sa rencontre avec Elina, la fille de l’imam, ouvre une perspective différente : celle d’une possible vie hors de la spirale de la violence.
Présentée à la Mostra de Venise, la série a suscité l’attention des observateurs, tant la comparaison avec le film d’origine était inévitable. Mais plusieurs critiques saluent aussi sa capacité à exister par elle-même, évoquant un récit qui trouve sa propre voie et une interprétation marquante de Mamadou Sidibé dans son premier grand rôle. Entre fresque criminelle et chronique sociale, Un prophète version 2026 prolonge la réflexion initiée par le film : qui sont aujourd’hui les laissés-pour-compte de la société ? Et comment certains d’entre eux parviennent à se frayer un chemin dans un univers où les frontières entre pouvoir légal et criminalité sont de plus en plus poreuses ?
Comment participer ? C'est simple : répondez à nos questions sur la série. Un sans-faute pourrait bien vous ouvrir les portes du catalogue CANAL+ pour tout le semestre.
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