L’automne a un charme fou, personne ne dira le contraire. Mais même pendant cette saison, la nature ne se laisse pas enfermer dans un cliché: elle peut se montrer humide, raide ou sombre ou, tout simplement, n’en faire qu’à sa guise. Et c’est précisément là qu’elle est stimulante: au lieu de se borner à contempler de magnifiques paysages, on peut descendre dans les entrailles de la terre, se cacher derrière une cascade, parcourir des marécages ou suivre la piste d’animaux sauvages aux côtés d’un ranger.
Cinq expériences qui raviront les personnes en quête de nature sauvage en Suisse cet automne.
Dans le Weisstannental, vallée du Haut-Pays saint-gallois, bouquetins, cerfs et chamois vivent dans un paysage qui n’a pas besoin de leur présence pour être impressionnant. Guidés par un Swiss Ranger à travers la vallée, les groupes désireux d’apercevoir cette faune se rendent à des endroits propices.
Bien sûr, il n’est pas garanti qu’ils la rencontreront: les animaux sauvages ne sont pas connus pour leur esprit de coopération quand il s’agit de fixer des rendez-vous. Mais on apprend à lire leurs traces, à comprendre leurs habitats et à observer avec plus d’attention. Cette randonnée automnale dure de 9 h à 16 h 30 et affiche un dénivelé d’environ 560 mètres. Elle exige donc une bonne condition physique.
Bon à savoir: randonnée d’un jour, difficulté moyenne, environ 560 mètres de dénivelé, réservation obligatoire
Les chutes du Giessbach, sur les hauteurs du lac de Brienz, transforment l’eau en un paysage saisissant. Le Giessbach dévale environ 400 mètres en direction du lac sur 14 niveaux. Un circuit permet de découvrir les chutes en 30 à 45 minutes et même, à un endroit, de passer derrière l’eau.
Mais ne vous y méprenez pas: malgré le côté évocateur de la formulation «derrière une cascade», l’endroit n’a rien d’un spa. On se fait éclabousser, le chemin peut être glissant et le port de chaussures robustes n’est pas un luxe. En contrepartie, on découvre la cascade sous un angle inédit.
Bon à savoir: circuit d’environ 30 à 45 minutes, accessible toute l’année, non accessible aux personnes à mobilité réduite, chaussures robustes nécessaires
Dans le val Muota, il est un lieu où l’automne se fait complètement oublier. Le Hölloch, ou «trou de l’enfer», compte parmi les plus vastes réseaux de grottes du monde. Dans sa version brève, la visite guidée parcourt des chemins et des escaliers sécurisés sur les 700 premiers mètres.
Si, à l’extérieur, la météo et la lumière du jour jouent les rôles principaux, sous terre, ce sont la géologie, l’obscurité et les volumes qui créent le spectacle. La visite dure à peu près deux heures et ne requiert aucune condition physique particulière, même s’il faut avoir le pied sûr. Les enfants peuvent y participer à partir d’environ six ans.
Bon à savoir: environ deux heures, parcours sécurisé sur les 700 premiers mètres, nécessité d’avoir le pied sûr, à partir d’environ six ans.
Dans le canton de Schwytz, entre Biberbrugg et Rothenthurm, un chemin long de dix kilomètres sillonne des marécages d’importance nationale. Hauts-marais, marais de plaine, forêt d’épicéas, pins de montagne et méandres du Biber s’y succèdent. La plus grande zone préservée de tourbière haute et de lande de Suisse complète l’ensemble.
La balade est spectaculaire, mais pas au sens où on l’entend habituellement. Ici, pas de sommet à conquérir ni de poussée d’adrénaline. Mais un paysage sans cesse changeant sur quelques kilomètres à peine. Le parcours, facile, dure environ 2 heures et 45 minutes. Il ne nécessite aucune condition physique particulière. Certains tronçons peuvent toutefois être fermés si les conditions météo l’exigent.
Bon à savoir: dix kilomètres, environ 2 heures et 45 minutes, facile, recommandé jusqu’en novembre
Dans le parc naturel du Thal, près de Herbetswil, le Jura plutôt doux prend soudain une tout autre allure. Le sentier qui traverse la Wolfsschlucht (gorge du loup) est partiellement surplombé de parois rocheuses dont la hauteur peut atteindre 100 mètres. Il passe devant des grottes et des ravinements, accompagné par les murmures du Tannbach, le ruisseau qui serpente en contrebas.
Il faut prévoir environ une heure et demie pour la traversée. S’il n’est pas nécessaire de se munir de sa panoplie du parfait aventurier, mieux vaut toutefois porter de bonnes chaussures, surtout si le temps est humide, car le chemin peut alors être glissant. Et si on veut poursuivre sa marche, on peut intégrer la gorge dans une randonnée plus longue dans le parc naturel du Thal.
Bon à savoir: environ une heure et demie, de mai à novembre, non accessible aux personnes à mobilité réduite, bonnes chaussures requise s’il fait humide
Ces cinq lieux ont peu de choses en commun, hormis le fait qu’on ne peut pas complètement prévoir ce qui s’y passera. Les animaux se montreront – ou pas. Le chemin sera sec ou humide. La météo aura son mot à dire. Et c’est précisément cela qui différencie ces excursions de celles où chaque minute suit un plan prédéterminé. L’automne fournit le cadre. Le reste, c’est la nature qui s’en charge.
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